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Nous
sommes le 14 juillet 2006.
Je n'ai jamais daté mes pages de journal - ceci n'est
pas un blog ! - et j'ai toujours imaginé que le lecteur
me suivrait dans mes irrégularités, saisissant
au passage les allusions aux saisons, s'accrochant habilement
aux "quelques" détails privés qui
pourraient l'éclairer sur le temps écoulé,
s'appuyant sur les dates de concerts de Miss KC qui ont
très largement rythmé ma vie depuis 4 ans...
Gageure, aujourd'hui. Je n'ai pas écrit une ligne
ici depuis 9 mois (...), et j'ai révisé toutes
mes promesses bretonnes de septembre, comme celle "radiofrancilienne"
de janvier. Comme je le disais à un certain Fred
sur le forum officiel, "ça mûrit".
Et c'était vrai.
Ah ah ! (doigt pointé) : vous attendiez-vous à
me revoir ?... J'espère que oui, sinon vous me connaissez
encore très mal...
"Je voulais la revoir" disions-nous, je l'ai revue
1 fois en janvier, puis elle est définitivement devenue
une icône inatteignable. Mon souhait, formulé
sur de précédentes pages, s'est réalisé
: elle s'est épanouie auprès d'autres publics,
a séduit de nouveaux et vastes parterres de fans.
Et quels publics ! Je les regarde, ils ont les bras levés,
des mines réjouies, de larges sourires et les yeux
brillants. Ils sont de Montréal, Berlin, Prague, Brno ou
Louvain-la-Neuve. Elle les a tous visités, en premier
lieu ses compatriotes belges, puis les allemands qui l'attendaient
- les berlinois !, les pays de l'Est qui l'aimeront de plus
en plus, les canadiens, les francophones d'Amérique
tous prêts à lui laisser une place dans leur
paysage de chansons. Belle tournée, beau travail
que je n'ai fait qu'imaginer. Je suis allée lire
les mots de ces témoins, j'ai même lu son propre
journal (ouf ! Elle donne quand même beaucoup, isn't
it ?), mais tout cela est resté abstrait. Une
rumeur que sa carrière se passe, là-bas. Que
l'auditoire grandit, que la légitimité s'affirme,
concert après concert. Le réseau se resserre
autour d'elle, s'échauffe sur ses passages passés
et à venir. Le témoin français est
une parmi les autres.
Et ça me plaît comme ça ! Elle est à
Vous (un peu à moi).
En janvier, l'executive woman était à
son sommet. L'oreille collée au téléphone
portable, dans son grand manteau blanc, le cheveu de plus
en plus blond... La trentaine triomphante toujours entre
deux rendez-vous, à St Germain ou chez Arte ! Quelle
étiquette consolatrice !! Que de mois de chômages
à venger !!!... La modestie n'est revenue qu'entre
11 et 13, ce jeudi 19 janvier, quand je suis retournée
à Radio France (Mon Empire State Building
?), faussement VIP, déjouant rapidement l'accueil
et la sécurité, s'affirmant "invitée
de Karin Clercq" avec une assurance - ma foi - qui
pour une fois n'a pas suscité la suspicion... Le
public n'est pas encore là, je m'installe en fonction
du meilleur angle pour mes photos (toujours pas délivrée
des tocs de fans !), bref j'ai repris ma célèbre
place : celle de la fille en contre-bas qui guette sa star
derrière la vitre. Elle est arrivée, avec
Luc Page. J'ai éteins mon portable, bloqué
mon agenda, prévenu mon boss : ces deux prochaines
heures sont à moi. Laissez-moi rêver ! Plus
de contrat en cours, de dossier à suivre, de mail
à écrire, je suis venue revoir celle qui est
tellement + + + sur l'échelle de mon idéal
féminin (c'est mon topic, je m'en charge),
ce matin dans l'exercice de son art, dans son dialogue avec
les médias et le public... Ces français vraiment
trop frileux avec Elle !
Certes j'ai regonflé mes batteries depuis septembre
2005, mais j'assumerai de ne jamais aller au-devant d'une
égale quand je serai face à face avec Karin
Clercq. Non, je ne mettrai pas mon piédestal au feu
! Hum hum, ça me rappelle une vieille histoire de
"Es-tu mon Amie ?"... Rassurez-vous... Simple
gimmick à la "Ross n'a pas trompé Rachel
puisqu'ils faisaient un break" !!!
Ce jour-là, elle aurait dû faire un duo avec
Georges Moustaki, "Dire qu'il faudra mourir un jour"
- cela aurait été un bel événement
à vivre et à immortaliser. Malheureusement,
le vert Monsieur, séducteur (de belles jeunes femmes
appréciant son répertoire) et motocycliste,
n'était pas en situation d'honorer le rendez-vous
et de tenir l'alléchante affiche. Elle a cependant
chanté le titre seule, comme elle l'a fait une seconde
fois pour son tube de l'été dernier, "Je
suis à toi". J'avoue que je ne sais plus quel
morceau a précédé l'autre, je me rappelle
surtout l'invité, Alain Minc, se rinçant copieusement
l'oeil aux premières loges de ce joli spectacle vivant.
Salauds de capitalistes, même au Fou du Roi
ils réussissent à s'offrir du bon temps !!!...
Ah si elle avait pu chanter devant Jane Fonda... Jane l'aurait
peut-être invitée à la rejoindre aux
USA, avec ses copines Eve Ensler, Salma Hayek et Dolly Parton
!!!
L'émission est finie, je me prépare à
partir. Elle redescent, accompagnée de Luc, pour
saluer ses visiteurs spéciaux. Un couple est venu
aussi pour elle, visiblement de loin. J'avoue ma surprise,
même si je n'ai jamais imaginé que Fred et
moi étions les seuls à être tombés
dans sa "potion magique"... Devant eux, je préfère
reprendre le masque de winneuse-timée-in a big
hurry, pfff quelle plaie les fans ;-) (Bravo à
vous d'être venus).
Karin est chaleureuse, resplendissante... et sur le départ.
Bruxelles n'est pas si loin, mais c'est toujours trop loin
quand il s'agit d'y "repartir tout à l'heure".
Je vais donc de mon côté, la carapace réajustée,
le coeur un peu plus ému, gonflé d'invisibles
vapeurs euphoriques, qu'aucun de mes prochains interlocuteurs
ne détectera.
Et les mois ont passé.
Je voudrais la revoir, mais personne ne sait quand, et il
faut vivre comme ça, en la plaçant à
hauteur des autres, mes adulées : si capables de
nourrir de rêves et de marquer notre existence ; si
définitivement et invariablement ancrées dans
une autre vie - la sienne.
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