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>> d'une groupie de base

Tous les chemins mènent à Radio France
Une journée à France Inter, mercredi 18 mai 2005

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La maison de Radio France a été inaugurée en décembre 1963 par le Général de Gaulle... Cela est si ancien que l'on n'en était même pas encore, à l'époque, au célèbre ORTF ! Regardez le fronton (sur l'agrandissement...) : vous lirez "Radiodiffusion Télévision Française", soit RTF... "Radio France" est en fait un nom adopté depuis 1974, depuis le démantèlement de l'Office et son éclatement en 7 entités indépendantes : TF1, Antenne 2, FR3, TDF, la SFP, l'Ina... et Radio France. L'histoire audiovisuelle de notre pays est passionnante, et il est tout à fait légitime d'à la fois saluer ce passé - la qualité des programmes !, et se féliciter d'avoir rompu avec les médias d'Etat (...).
Reste ce bâtiment unique, qui abritait à l'origine radios ET télévisions, et où seuls Delarue et quelques producteurs aussi intéressants s'aventurent encore avec des caméras... Aujourd'hui, les gens qui ont le coeur qui bat pour Radio France, et qui s'y rendent dès qu'une occasion se présente, ce sont les auditeurs de radio, particulièrement ceux de France Inter.
Cette photo, extraite des archives de l'Ina (...), nous rappelle une nouvelle fois une histoire révolue : celle d'un quartier qui était à peu de choses près un immense terrain vague avant l'oeuvre de Henry Bernard, un XVIème loin du centre ville, mal desservi (loin du métro... stratégie : pas de mauvaises vibrations !), un coin très peu aimé des parisiens (on dit que les premiers salariés de la Maison ont un peu tiré la tronche...). Regardez les berges de la Seine : à elles seules, elles racontent cette vieille histoire d'urbanisme... et d'ici à quelques années, on pourra superposer à celle-ci une autre photo, celle de la MRF high-tech, parée de verre, que l'on nous promet pour ...???...




>> Photos

RDV dans la galerie !
Moi j'en fais le prix... veux-tu le connaître ?... Moi j'en fais le prix, n'en sois pas surpris... Karin Clercq chante La Sincère, au Fou du Roi.
Et Arielle mate.
RDV dans la galerie !
Accompagnée cette fois de Guillaume Jouan et Luc Page, Karin offre pour la seconde fois ses chansons au public et aux auditeurs de l'émission phare de France Inter, le Pont des Artistes. Une double signature dans l'histoire d'une carrière.
RDV dans la galerie !
Je souhaite qu'Elle revienne et revienne encore, que nos routes respectives nous maintiennent en observatrices, l'une de l'autre...
Que son chemin à Elle me fasse revenir moi à Radio France...
Puis à Rome demain, peut-être... et un beau jour, Las Vegas ???...
RDV dans la galerie !
Merci
... de rien.

Au commencement de tout il y eut... Bernard Lavilliers.
La première fois que je suis venue à la Maison de Radio France, c'était pour le Pont des Artistes de Bernard Lavilliers. Cela remonte à la première quinzaine de septembre 2002, c'est-à-dire peu de temps après mon emménagement avec mon ex-colocataire, la Groupie Carole, rencontrée via une ancienne copine de fac, la Groupie Christelle. Toutes deux s'étaient échangé leurs coordonnées à l'issue de retrouvailles fortuites, qui faisaient suite à une soirée commune : un concert de Bernard Lavilliers. Ce même Bernard Lavilliers pour lequel Carole m'avait emmenée en Champagne, et qui fut à l'origine d'une étrange déambulation nocturne, en voiture, à l'écoute de la fréquence locale du réseau France Bleu. Les habitués de ce site le savent déjà : à 2 heures du matin, on pouvait entendre "Ne pas" ou rencontrer des aliens. Pour ma part, ce fut la 1ère solution.

Je me repasse le film de cette histoire ce matin, 9h35, alors que j'attends avec Fred dans le grand hall de Radio France. Nous sommes venus pour le Fou du Roi, car Karin Clercq y chantera en direct tout à l'heure.
C'est une nouvelle Barbra qui reprend du service aujourd'hui. A la batterie de médecins chargés de s'occuper de son cas (le mien), s'ajoute à présent un chirurgien, flanqué d'un anesthésiste, quelques infirmières et un brancardier. Moi qui suis finalement assez peu coutumière du "Paris by night", j'ai ouvert un city guide à la page "Cliniques pour liftées chics - discrétion assurée". Et j'exhibe à présent mon nouveau menton de déesse grecque, honte à moi d'être aussi frivole... Aussi, depuis mes nouvelles préoccupations esthétiques, suis-je très peu en phase avec le monde de l'entreprise. J'attends paisiblement, chez moi, que vienne à nouveau mon Heure...
Au point que cela m'a fait bizarre d'entendre Stéphane Paoli ce matin, à 8 heures. Depuis quelques temps, j'embraye directement sur Stéphane Bern, à 11... [ justement ].

Stéphane Paoli... ... que j'ai découvert sur France Inter en même temps que les Lettres Matinales de Guy Carlier, à 7h50, durant la saison 2001-2002. Je les écoutais religieusement, face à mon café, dans la cuisine de Serge - l'Ami gay, accro à l'Eurovision, qui héberge la copine en panne de mari d'avenir (la télé peut être d'un banal !).
Après le 7-9, il y avait Pascale Clark. Bon Dieu comme on a pu l'aimer Pascale Clark (avant son départ pour RTL...). Déjà à l'époque de sa revue de presse, à 8h30, que je chopais parfois dans la voiture de Priscille - elle était folle de sa voix ! - quand on prenait la route de l'IUT... Les éditos brillantissimes de Tam Tam Etc. ... Tant pis pour les rumeurs concernant sa vraisemblable personnalité tyrannique : une journaliste de son talent, ouvertement fan de Miossec, c'est une pépite !
Puis à 10 heures, c'est Patricia Martin, Alter Ego. Encore aujourd'hui, indéboulonnable Patricia Martin... Je n'oublierai jamais l'émission du 24 juin 2002, sur le thème des "amours toxiques". C'était le matin de ma soutenance. J'étais provisoirement à Bordeaux. Ce matin-là, alors que Patricia m'expliquait tout du processus infernal dans lequel j'étais prise (l'amour-poison de l'autre, qui n'a d'autre volonté que de vous détruire pour asseoir une illusoire et pathétique puissance), je me suis préparée jusqu'au soir à briller à ma soutenance, puis à m'éteindre devant Mr Wrong, qui m'attendait de pied ferme pour mettre un terme à ma vie sociale.
Patricia... pourquoi n'ai-je pas su vous entendre ce fameux jour ?
Peut-être que si vous aviez passé "Ne pas"... ??? ...

Je suis perdue dans mes pensées quand on vient nous chercher, Fred et moi, pour entrer dans le studio 106. Il est encore tôt, nous sommes des privilégiés : la balance n'est pas finie. Et qui trouvons-nous en train de répéter sa chanson ? Arielle Dombasle, debout sur l'estrade, micro à la main. Elle flotte dans une tunique rose taille 36, sa blondeur ancestrale encadrant une gigantesque paire de lunettes fumées (dont je ne reconnais pas la marque, désolée pour les puristes !). Arielle Dombasle est l'invitée principale du Fou du Roi. 1 heure 3 quarts à tuer avec cet outrage à tous les combats du féminisme, cette mondaine experte en manipulation médiatique avec sa moitié-de-philosophe. Et pas de Guy Carlier. C'est bien ma veine pour mon premier Fou du Roi in situ ! Le public entre à son tour : un bus de retraités bronzés, venus de je ne sais où, et les "habitués" - des membres du 3ème âge, sournoisement cachés dans divers recoins de la Maison pour griller la file d'attente du grand hall... On les a eus, cette fois !
Quand Stéphane Bern s'installe au micro, il lance à la volée un regard interrogateur. Je lui fais de grands signes, un peu familiers, pour lui dire "Coucou, Stéphane !". Signes qu'il ne relève pas. Solitude.

Enfant, à Lyon, j'écoutais la radio locale Happy Radio. J'adorais appeler le standard le soir, pour demander un "disque dédicacé" (!). C'était toujours Madonna, et c'était toujours "pour mon plaisir personnel" (... j'ai été fille unique jusqu'à 13 ans !).
Adolescente, j'écoutais Marc Scalia sur NRJ, annoncer que Vogue était une nouvelle fois "number one sur la most beautiful radio" !
Puis j'ai succombé au sirop de Chérie FM, chemin de traverse sansonnien... Etudiante, je me suis longtemps réveillée avec Jean Lebrun, sur France Culture.
Aujourd'hui, notamment du fait de mon deuxième lit (!!), je suis scotchée à France Inter. Parmi les vedettes déjà citées, j'apprécie Caroline Cartier - la chasseuse de sons. Les réalisations de Maïté Vasseur. La fraîcheur de Rebecca Manzoni (même si j'ai trouvé son interview de Deneuve un peu légère...). Mais celle dont je souhaiterais parfois reprendre l'écoute, dans la fourchette fatale minuit/1h30, c'est Macha-Allo-Macha!. Comme quand j'étais célibataire, les célibataires se couchant plus tard que les autres... (il paraît aussi qu'ils fument plus et boivent plus...).

11h53, c'est à Elle.
Elle est descendue de la cabine vitrée où je la guettais de temps à autre, mon regard allant de la tribune étonnament visible du Fou du Roi à la silhouette délicieusement décelable de Karin, là-haut - une promiscuité qui m'enchante au-delà du raisonnable.
J'espérais qu'elle chanterait La Sincère en live intégral, puis un second morceau dans la deuxième partie de l'émission, propice à présenter des reprises (... "Dire qu'il faudra mourir un jour", de Moustaki, par exemple ?). Malheureusement, diverses contingences font qu'elle n'interprétera que La Sincère sur une bande enregistrée. Ce n'est pas bien grave : c'est un passage important et je suis heureuse d'être là.
Karin est apprêtée comme pour la scène, ni moins élégante, ni plus chichiteuse... pas de lunettes noires ! C'est dommage, cela aurait été follement classe une photo de Karin chantant en Ray Ban, pour la radio... Arielle Dombasle - qui nous aura quand même divertis quelque peu, ce n'est pas si mal, regarde très attentivement les artistes se produisant devant elle. Et elle focalise sur Karin. Je suppose que les mots écrits au XIXe de La Sincère "l'interpellent quelque part", mais cela n'est-il pas un peu trop insistant ? Ce qui m'épate, c'est le contraste entre les atouts de séduction de l'une et la plastique supernatural de l'autre. Arielle ne l'a-t-elle pas secrètement maudite ?
A l'issue de la chanson, je bénis la prise de parole du chroniqueur Nicolas Rey qui relève que Karin Clercq est une chanteuse à suivre et qu'il se rendra à son concert parisien... 10 secondes de promo gagnées avant que la locomotive du Fou du Roi ne file vers autre chose, merci Nicolas !
Elle remonte dans la cabine, se prépare à partir, salue tout le monde. Elle est d'une politesse et d'une jovialité confondantes. Depuis ma place, pensant croiser son regard, je lui fais de grands signes, un peu familiers, pour lui dire "A tout à l'heure !". Signes qu'elle ne relève pas. Solitude.

Il me faut rappeler, qu'un jour, j'ai travaillé à Radio France. Enfin, pour être tout à fait exacte, j'ai travaillé pour l'Ina sur le site de Radio France. Ce fut une grande chance, j'étais aux anges de faire partie de l'équipage, d'être du "paquebot". Et pourtant, c'est un souvenir mitigé. Je m'y suis parfois
sentie écrasée, étouffée. Les kilomètres de couloirs - tournant à droite, tournant à gauche - qui sillonnent les multiples couches de cette fourmilière m'ont bien souvent donné le vertige. Sans parler de la tour centrale et de son inhospitabilité redoutable... D'ailleurs, je n'y ai jamais croisé ni Guy Carlier, ni Pascale Clark, ni Macha Béranger ! Mais il est vrai aussi que je n'occupais pas un bon poste. Et qu'une partie de mon rêve a sans doute été tronquée par ce désappointement. Dans l'absolu, j'aimerais y revenir, je l'avoue. Je ne sais absolument pas si cela se reproduira. Mais mon chemin n'aura de cesse de croiser et recroiser la Maison Ronde, car l'auditrice lambda que je suis continuera d'y venir, de temps en temps, s'asseoir à sa place... celle en contre-bas de la cabine.

18h34, Miss Neige (3wchristophemiossecpointcom) attend avec nous l'ouverture des portes du studio Charles Trenet. Deuxième partie de la journée : on enregistre le Pont des Artistes de Karin Clercq. Cette émission, cela fait plus d'un an que je l'attends. J'espérais beaucoup, à l'époque où j'étais "dans la place", recevoir Karin & Cie depuis l'entrée des artistes et l'accompagner comme quelqu'un de la Maison. Et non. Aujourd'hui, c'est bel et bien elle qui me fait passer la sécurité !
Son premier Pont des Artistes est devenu une archive mythique : enregistré en mai 2002, il marquait l'une des premières étapes de Karin Clercq-chanteuse. Et à la façon dont Isabelle Dhordain évoque l'événement, j'imagine qu'il devait y avoir quelque chose sur son visage et dans sa voix que je ne verrai ni n'entendrai jamais plus. Une genèse inaccessible à ma mémoire.
Isabelle Dhordain reçoit Karin une nouvelle fois avec une grande bienveillance, un réel intérêt, une saine curiosité pour la comédienne-chanteuse... on est loin du calamiteux "et sinon, alors... après l'amour ?...". Elle salue également Guillaume Jouan à plusieurs reprises. Je déplore que le plateau soit un peu chargé (4 artistes présentent chacun 3 titres - timing serré), mais la qualité est là : Bruno Maman, Chet et Etyl sont tous intéressants (ce qui me fait penser qu'on souffrira d'autant plus lors de la prochaine 1ère partie navrante... les programmateurs ne connaissent-ils donc pas le Pont des Artistes ?). Karin interprète La Sincère, L'Homme qui pleure et Je suis à toi, merveilleusement bien accompagnée par Guillaume et Luc.
Ce rendez-vous, ce Pont, tombe à un tout autre moment, dans un tout autre contexte, que ce que j'aurais pensé. Mais je le prends tel quel, je le savoure tel quel. C'est comme ça la vie de groupie de base, depuis que je connais Karin Clercq.

Quelques heures plus tard, tous attablés, on apprécie simplement la présence des uns des autres.
Je suis abasourdie par "l'humilité" de mes voisins de banquette qui n'avouent pas facilement quels gros vendeurs de disques ils sont. Je les ai croisés une fois, dans ma course folle, au fin fond du Berry... Et ce soir je ne les reconnais pas. Petits plaisantins. :-)
Je fais passer les entrecôtes-frites (je suis à la chiffonnade de saumon), sans cesser de me demander comment je peux être là... en-dehors du fait d'avoir pris le métro dans le bon sens - et j'ai hésité une seconde !... Alors pour ma défense, pour ne pas me livrer, pour ne rien avouer, je brandis la banderole "Jamais son Amie... plutôt mourir, Camarade !". Mines interdites. Solitude.
JE prends un rateau... ma fourchette... et je mange mon saumon.
...
N'essayez pas de comprendre mieux que moi de quoi il retourne exactement, et s'il-vous-plaît ne me posez pas de questions : le KC&I project est confidentiel. La clé est protégée.

- Chut -