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>> d'une groupie de base

Remembrance of things past




SPA - juillet 2003
Karin Clercq à Spa, avec Jules Mauviel.
Je n'y étais pas, mais j'aime cette image qui ressemble à tous mes propres souvenirs...



Il n'y a pas la neige, il n'y a pas la glace, et pourtant c'est l'hiver, c'est ici et maintenant. La routine hivernale. Je revois encore Fred me dire tristement que nous entrons dans novembre.
So sweet honey.
Ma dernière image, c'est bel et bien la toute dernière, celle que je décris dans la toute fin de ma page sur Nyon, Switzerland. Je lui tourne le dos, je la sais derrière moi pour un temps indéterminé cette fois, me regarde-t-elle partir ? Je fais comme si ce n'était rien de partir, je ne me retourne pas, j'avance. Je redescends le talus, on me repasse aux ultra-violets. Demain on partira.
Leaving Oz.
...
Il y a 3 mois de cela maintenant, si peu et pourtant ça me tracasse toute cette histoire. On se tourne vers moi : " comment va Karin ? " . Comment le saurais-je, je ne sais même pas si j'ai pu rêver cette traversée. " Tu ne l'appelles pas ? ", non… comment n'y ai-je pas pensé plus tôt…
Les perspectives de retrouvailles ont reculé, et ma vie est prise dans une bien jolie routine.
Je vois la Tour Eiffel tous les jours, et quand je sors à 18H, je peux la voir scintiller de 1000 strass. Je traverse la Seine, très souvent, et je me rends dans la Maison Ronde, chaque jour… Radio France, mon 1er monument de provinciale éblouie par la Capitale !!!
Je me rappelle bien cet automne, l'année dernière, le 23 octobre, où j'étais venue découvrir Karin, ici, au 108 à la Maison de la radio… aujourd'hui c'est juste un studio quelconque près de la machine à café… Je me rappelle bien la pluie de novembre, l'année dernière, le soir du 6, alors que je me rendais au Bataclan, invitée par l'ami de mon ennemi. Le temps qui défile a ça de bon : il nous délivre de nos cauchemars et nous aide à nous relever.

Mais mon présent est comme hanté par la silhouette blonde et longiligne.
Partout la même sirène, sur un flyer, sur un poster, sur une jaquette… who's that girl ?
Les marronniers de la rentrée ont été le support balisé de mon nouveau départ, jusqu'aux feuilles tombées des arbres sur lesquelles s'extasie avec tant de cœur mon collègue Yves, jusqu'au gilet citrouille de ma coloc', que je continue d'appeler le " gilet Halloween "… Oui, tout ça a eu lieu, et tout ça est très beau et très agréable à vivre.
Il y a eu cette soirée, justement, où je me suis emmitouflée dans un plaid improvisé, tassée devant la télé à lutter contre le sommeil, avec elle, Carole, ma colocataire, afin de regarder Delarue et son émission ce soir-là sur les " fans ". Trouver un écho, peut-être, dans le témoignage des autres. En rire jaune aussi, peut-être.
Il y avait cette Josette qui nous a racontés sa relation si particulière avec Lara Fabian (…).
Elle disait l'avoir connue bien avant le succès, bien avant la foule et la horde médiatique. Elles passaient de longues heures ensemble, à bavarder. A se comprendre. Puis la masse fanatique a emporté Lara, Josette est restée seule avec son désespoir (!), et lutte à présent pour ne pas
" resombrer " à chaque fois que Lara la prend dans ses bras, en souvenir du bon vieux temps, au moment de se retrouver par hasard au coin d'une rue…
Hum hum…
Moi ça va bien, merci.

Karin est le spectre subrepticement visible derrière tout ce que je peux dire, ou faire.
C'est comme ça depuis que j'ai su que j'étais parmi sa cible dans l'auditoire.
Je " nostalgise " avec Alain Laurenson qui connaît celui qui la connaît ; je ne pense qu'à elle au concert de Miossec, alors que je l'imagine si grande à côté de lui ; je la revois, si classe, à l'opposée de cette pauv'AS Dragon qui se la pète, même normalement vêtue. Karin, si accrocheuse dans sa robe de gala, n'a jamais eu l'once de mépris qu'a cette fille dans son regard.

Tous ces moments où elle n'est pas là tout en étant si terriblement présente, retrouveront leur légitimité, bientôt. mon ergon de groupie de base se réalisera de nouveau, prochainement.
Et puis (moi aussi) un jour je serai une mère de famille, je changerai les meubles de place dans la cuisine, je ne serai plus toujours entre 2 maisons, comme dans un film de Rohmer.
Et ce jour-là je serai sans doute prête à accepter cette implacable vérité : que vivre sans Karin Clercq c'est la vie normale, finalement.
...