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Il n'y
a pas la neige, il n'y a pas la glace, et pourtant c'est
l'hiver, c'est ici et maintenant. La routine hivernale.
Je revois encore Fred me dire tristement que nous entrons
dans novembre.
So sweet honey.
Ma dernière image, c'est bel et bien la toute dernière,
celle que je décris dans la toute fin de ma page
sur Nyon, Switzerland. Je lui tourne le dos, je la
sais derrière moi pour un temps indéterminé
cette fois, me regarde-t-elle partir ? Je fais comme si
ce n'était rien de partir, je ne me retourne pas,
j'avance. Je redescends le talus, on me repasse aux ultra-violets.
Demain on partira.
Leaving Oz.
...
Il y a 3 mois de cela maintenant, si peu et pourtant ça
me tracasse toute cette histoire. On se tourne vers moi
: " comment va Karin ? " . Comment le saurais-je,
je ne sais même pas si j'ai pu rêver cette traversée.
" Tu ne l'appelles pas ? ", non
comment
n'y ai-je pas pensé plus tôt
Les perspectives de retrouvailles ont reculé, et
ma vie est prise dans une bien jolie routine.
Je vois la Tour Eiffel tous les jours, et quand je sors
à 18H, je peux la voir scintiller de 1000 strass.
Je traverse la Seine, très souvent, et je me rends
dans la Maison Ronde, chaque jour
Radio France, mon
1er monument de provinciale éblouie par la Capitale
!!!
Je me rappelle bien cet automne, l'année dernière,
le 23 octobre, où j'étais venue découvrir
Karin, ici, au 108 à la Maison de la radio
aujourd'hui c'est juste un studio quelconque près
de la machine à café
Je me rappelle
bien la pluie de novembre, l'année dernière,
le soir du 6, alors que je me rendais au Bataclan, invitée
par l'ami de mon ennemi. Le temps qui défile a ça
de bon : il nous délivre de nos cauchemars et nous
aide à nous relever.
Mais
mon présent est comme hanté par la silhouette
blonde et longiligne.
Partout la même sirène, sur un flyer, sur un
poster, sur une jaquette
who's that girl ?
Les marronniers de la rentrée ont été
le support balisé de mon nouveau départ, jusqu'aux
feuilles tombées des arbres sur lesquelles s'extasie
avec tant de cur mon collègue Yves, jusqu'au
gilet citrouille de ma coloc', que je continue d'appeler
le " gilet Halloween "
Oui, tout ça
a eu lieu, et tout ça est très beau et très
agréable à vivre.
Il y a eu cette soirée, justement, où je me
suis emmitouflée dans un plaid improvisé,
tassée devant la télé à lutter
contre le sommeil, avec elle, Carole, ma colocataire, afin
de regarder Delarue et son émission ce soir-là
sur les " fans ". Trouver un écho, peut-être,
dans le témoignage des autres. En rire jaune aussi,
peut-être.
Il y avait cette Josette qui nous a racontés sa relation
si particulière avec Lara Fabian (
).
Elle disait l'avoir connue bien avant le succès,
bien avant la foule et la horde médiatique. Elles
passaient de longues heures ensemble, à bavarder.
A se comprendre. Puis la masse fanatique a emporté
Lara, Josette est restée seule avec son désespoir
(!), et lutte à présent pour ne pas
" resombrer " à chaque fois que Lara la
prend dans ses bras, en souvenir du bon vieux temps, au
moment de se retrouver par hasard au coin d'une rue
Hum hum
Moi ça va bien, merci.
Karin
est le spectre subrepticement visible derrière tout
ce que je peux dire, ou faire.
C'est comme ça depuis que j'ai su que j'étais
parmi sa cible dans l'auditoire.
Je " nostalgise " avec Alain Laurenson qui connaît
celui qui la connaît ; je ne pense qu'à elle
au concert de Miossec, alors que je l'imagine si grande
à côté de lui ; je la revois, si classe,
à l'opposée de cette pauv'AS Dragon qui se
la pète, même normalement vêtue. Karin,
si accrocheuse dans sa robe de gala, n'a jamais eu l'once
de mépris qu'a cette fille dans son regard.
Tous
ces moments où elle n'est pas là tout en étant
si terriblement présente, retrouveront leur légitimité,
bientôt. mon ergon de groupie de base se réalisera
de nouveau, prochainement.
Et puis (moi aussi) un jour je serai une mère de
famille, je changerai les meubles de place dans la cuisine,
je ne serai plus toujours entre 2 maisons, comme dans un
film de Rohmer.
Et ce jour-là je serai sans doute prête à
accepter cette implacable vérité : que vivre
sans Karin Clercq c'est la vie normale, finalement.
...
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