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| Même
si Karin aborde toujours ses chansons de manière
très concentrée, il y a une pause particulière
avant "Je t'ai dans la peau". Une sorte de court
moment de recueillement... je l'ai eu ! |
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Le "voyage
à Rennes" est un très bel épisode.
Délivrée de Mister Wrong, je suis enfin
partie sur les routes, le coeur léger et non coupable
( ! ).
Ma colocataire, Carole, qui a permi cette nouvelle rencontre
avec "ma blonde", est une très chouette fille.
Elle n'a pas peur de faire des kilomètres et des kilomètres
pour donner et recevoir, dans une relation sincère
avec tous ses chanteurs favoris (dont Nanard). Sans
être la "groupie du pianiste", elle les aime
de façon touchante et inconditionnelle. La fan de l'ombre,
certes, mais qui retire beaucoup de force de tout ça...
pour la suite.
Car c'est ça la vie, c'est continuer. Et "nos
artistes", ceux dont il semble qu'ils nous représentent,
sont une source d'énergie inépuisable pour réussir
à faire ça : à continuer.
Après avoir vu Karin au Bataclan, je le sais maintenant
: je suis représentée.
La femme que je suis, avec cet âge-là, ce mode
de vie-là, cet univers-là, avec ces mots-là,
a un porte-parole artistique et médiatique, une image
idéale à présenter en supplément
de sa seule personne. Elle est un peu mon hologramme. "Je
suis une femme Karin Clercq, regardez cette image, écoutez
ces paroles : vous me trouverez derrière."
Panier en osier sur la banquette arrière, Carole et
moi sommes donc parties à Rennes... pour les Trans'musicales
dont je ne connais rien, mais qui fait "super branché"
au regard des autres !!!
Direction le petit bar du Dejazey, où je m'assure,
aussi tôt que possible, que le concert aura bien lieu
et que j'y assisterai grâce à mon petit billet
rouge, que je m'empresse d'acheter !
Carole et moi sommes au comptoir, là-bas vers le fond
elle est déjà arrivée. Sa chevelure blonde
se détache de l'obscurité. Carole me tire par
la manche, allez on sort !
Lyonnaise de naissance, bordelaise de coeur, je ne connais
rien de ce qui est au-dessus de Paris (ou à l'Ouest...
bien noté Dayot Lapin !!). Je découvre Rennes,
j'apprécie beaucoup.
Les crêpes sont bonnes, le cidre aussi. L'hôtel
choisi un peu loin du centre, mais je suis contente d'avoir
fait connaissance d'un couple d'hôteliers rennais avant
qu'ils ne prennent leur retraite, visiblement bien méritée.
Mais le soir avance, il fait froid. On approche fébrilement
du Dejazey, avec l'espoir de rentrer assez vite... Mais non,
il nous faudra attendre encore. Le temps de voir Karin faire
un aller-retour vers le snack d'en face, et de faire un brin
de causette avec les rennais qui s'attroupent petit à
petit devant la porte. Je ne sais pas bien s'il faut dire
qu'on vient de Paris... au niveau "foot", ça
se passe comment ici ???
Il y a un gentil garçon parmi eux, il chante "Ne
pas" comme s'il la connaissait par coeur ! Il me dit
qu'il faut que je découvre Miossec (je suis une bille)...
Je ne le sais pas encore, mais je le reverrai ce drôle
de lapin, plus tard, dans d'autres circonstances...
On entre enfin.
Je squatte LA place devant le micro, à la limite de
l'incorrection... je balance sur un pauvre cameraman qui a
le courage, lui au moins, de me demander ouvertement "ce
qu'il y a"... ...
L'endroit est très petit, je suis toute excitée.
Le public n'a pas l'air d'être n'importe qui, des connaisseurs,
des proches...
Le concert commence. Ils sont tous tout près.
Je peux enfin découvrir les autres : Guillaume Jouan,
l'homme à la clope, Eva, très stricte sur sa
basse, Les Mauviel's... précédés de leur
réputation...
Je prends des photos. Si j'avançais le bras, je pourrais
la toucher. Et c'est très destabilisant car je sens
bien que le moindre souffle est perceptible, j'ose à
peine bouger et surtout pas parler !
Je sens que Carole est captivée. Elle me le dira plus
tard : elle a été très étonnée.
Elle avait trouvé quelque chose de "froid"
à l'album qui n'existe plus du tout ici, ça
en jette, point !
La play-list est extra, tout l'album (sauf "étranger"),
plus l'inédit "Cavale" et une reprise de
Zézé Mago... J'ai pensé que "Zézé
Mago" devait être une chanson de Miossec... ...
Prise dans la tornade "groupie attitude", et bien
prévenue par la capacité quasi-magique de Karin
à disparaître d'un coup, j'ai préparé
une petite carte sur laquelle je lui demande si elle accepte
de signer mon album avant que je ne rentre à Paris
(juste après le concert... car j'ai un entretien le
lendemain dans une importante agence de comm' !). Impossible
de lui donner, elle s'enfuit, il faut que je me rabatte sur
Guillaume pour lui transmettre le précieux message
! Mais à quoi pense-t-elle quand elle sort de scène
?
J'attends, je suis à peine encore moi-même, quand
soudain elle ouvre la porte et me fait signe d'approcher !
Je me précipite, larguant toutes mes affaires et ma
pauvre colocataire, qui a été vexée quelques
minutes, je dois le bien dire...
Tous m'accueillent un court instant et signent mon CD. Nous
discutons un peu, Guillaume est tout étonné
que je sois venue spécialement de Paris... Je lui parle
de "groupie attitude", il me répond : "tu
en as d'autres des expressions comme ça" ?.
Karin me gratifie du titre de "fan 3013", ce qui
signifie "maxi plus"... belle occasion de faire
mon idiote en déclarant que "3013, c'est déjà
très bien" !!!!!!!!!!!!
Je reste le moins possible, je me dis que j'ai déjà
eu beaucoup... je parviens à rouvrir la porte et à
la passer dans l'autre sens...
Arrivée à 5 heures du mat à Paris, je
réussis quand même à me présenter
fraîche à mon entretien.
Je n'ai pas décroché le job... mais j'ai le
courage de continuer.
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