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Dimanche 12 janvier 2003 - Théâtre des 3 Vallées

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RDV dans la galerie !
Karin n'aime rien moins qu'expérimenter des choses pendant l'interprétation de ses chansons. Ce jour-là, à Palaiseau, elle a chanté "Douce" en restant accroupie pendant tout le morceau. Les éclairages étant très faibles, je n'ai pas réussi à capter son expression magnifique à la fin de la chanson, mais cette photo donne une idée de cette "fois" unique...
Je peux difficilement aborder le concert de Palaiseau sans évoquer d'emblée quelque chose d'essentiel. Je suis venue voir Karin Clercq, et j'ai trouvé... un homme.
J'ai failli ne pas y aller à ce concert.
Les "vacances de Noël" et les "bonnes résolutions" du 1er janvier sont passées sur les bons souvenirs d'Inter, du Bataclan et de Rennes, de telle sorte qu'après ma claque financière post-fêtes de fin d'année, j'avais décidé dans un premier temps de ne plus alimenter ma "groupie attitude". Il fallait frapper fort et renoncer au concert de Palaiseau.
J'ai décidé le matin même de m'y rendre.
Seule, car ma colocataire avait travaillé de nuit et dormait encore (c'était un concert en journée, la salle ouvrait à 14h).

Trois jours plus tôt, j'avais croisé le même garçon à un concert de Vincent Delerm.
Avant le spectacle, ma coloc m'avait désigné le petit groupe proche de nous en me disant : "eh, à côté ça parle de Karin Clercq !"... ce qui a fait que j'ai entamé un court dialogue avec ce jeune homme, plutôt un admirateur : il l'avait déjà vue 3 fois ! Mais il était avec sa copine, et puis il avait un look beaucoup trop rangé pour moi, je n'ai pas donné suite...
A Palaiseau il était là. Seul. Sa copine ne s'était pas réveillée ?

Nous avons passé tout l'après-midi ensemble.
J'ai été insupportable : il m'a suivie dans tous mes débordements de groupie. Me lever et danser pendant le concert, poursuivre Karin et le groupe jusque dans les coulisses, demander une photo, une affiche, des signatures, et bien entendu parler à tue-tête et écouter distraitement. Sans oublier notre premier verre ensemble : moi, une bière et lui un coca !
J'étais moi-même, c'est-à-dire pas moi-même, comme à chaque fois que je vais revoir Karin !!!
Sa patience et son intérêt constant m'ont bien surprise...

Pour revenir à Karin (...), le concert s'est déroulé dans une drôle d'ambiance.
Imaginez un peu : un concert de rock dans un théâtre, un dimanche après-midi !
Il y avait quelque chose d'un peu irréel dans ce set. J'avais l'impression d'assister à une répétition générale, ou bien à un concert privé. Bref, quelque chose de très privilégié et de parfaitement unique, mais qui destabilisait du fait du flou qui l'entourait globalement.
Moi, je me laisse aller. C'est le début de l'année, je me dis que "ça y est j'ai replongé !", mais finalement... ?

A la fin du concert, je file appeler ma coloc pour lui raconter mes aventures.
En revenant, je vois Karin dans le hall qui discute avec des fans qui se sont déplacés pour elle. Toutes les affiches sont décrochées ! Je saisis ma chance de lui parler à mon tour. Elle est très chaleureuse. Je suis ravie. Elle est passablement fatiguée, me parle de "jet lag".... moi qui pratique beaucoup le franglais, je ne dis jamais ça, c'est drôle (!). Je lui demande si on peut nous prendre en photo ensemble : les piles de mon appareil sont mortes, je subis une nouvelle humiliation à cause de ce "truc" (cf. France Inter). La photo est finalement prise (par celui qu'elle a placé sur ma route), puis elle nous conduits, le jeune homme et moi, dans les coulisses afin d'y saluer les autres. Ce sera pour moi l'occasion de faire davantage connaissance avec Eva, qui malheureusement était assez malade ce jour-là.
Tous me signent une affiche. Les Mauviel's, comme d'habitude, ne savent pas quoi écrire.
Nous sommes le 12 janvier, je leur propose "bonne année" !
Fred le batteur veut dédicacer l'affiche à Fred et moi (oui, il s'appelle Fred)... secondes un peu gênantes où il faut dire que "non, on n'est pas ensemble"...

On quitte le groupe sur de gentils "au revoir", je suis comblée, fatiguée aussi du coup, à mon tour. Fred et moi nous posons un moment.
Dans le RER que nous prenons ensemble pour rentrer, on s'échange nos coordonnées.
Je suis allée voir Karin Clercq, et j'ai trouvé un homme. Un de ceux dont on parle beaucoup mais que l'on voit peu : un parisien, la trentaine, beau garçon, actif, cultivé... célibataire (en fait). Moi qui suis plutôt du genre Second hand rose, je suis étonnée de lire de la convoitise dans les yeux de cet oiseau rare...
Pour connaître la suite, reportez-vous au film de Paul Thomas Anderson, "Punch-drunk love"...