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Vendredi 25 juillet 2003 - Paléo Festival

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Nyon - port
A quelques km du Paléo Festival, Nyon... un autre monde.
Nyon - ville
De magnifiques ruelles...
le Lac Léman
Un lac fort accueillant pour la baignade...
l'hôtel 4 étoiles
... Retour au camping... Mauvaise idée, finalement, de se mettre dans une extrémité : toute la nuit ce fut un défilé de mâles aux vessies pleines...



>> Ma photo préférée

RDV dans la galerie !

Les doigts crispés sur son micro, des mèches de cheveux collées à son visage, le regard dur, la bouche prête à tout dire... Karin Clercq est chanteuse et comédienne. Et il est bien vain de lui demander si elle a choisi, si elle va choisir... Ne voyez-vous donc pas sa nature profonde ?


[ Fred - le Batteur -
m'a donné la playlist
]


Sans vergogne, Nyon a été la dernière date de la "tournée d'été" - ma dernière date par conséquent, ainsi que mon dixième concert de Karin... ce dernier opus suisse s'est placé sous le signe du "ce n'est qu'un au revoir", ou "Auld Lang Syne" comme dirait WonderBarbra (!).

Mais enfin Fred et moi ne sortons pas encore les mouchoirs dans la voiture, la veille du concert, alors que nous nous lancons courageusement (surtout lui...) dans un Paris-Nyon sur les joyeuses autoroutes estivales. Je souhaiterais rendre ici un tribute aux petites salades dans des bols fermés, avec sauce et croutons à part, qui ont accompagné nos lunch time durant tous ces longs trajets on the road depuis le week-end à Liège... Rien à faire, mon souvenir de Karin est désormais indissociable - en partie - des tortis au poulet sauce citronnée...

Arrivés à la Douane, on se fait lamentablement
taxer nos dernières liquidités (30 euros, enfin 29,67 en tapant vraiment dans les petites pièces), afin de payer le droit de circuler sur le réseau d'autoroutes suisses ! Je me demande dans quelle mesure ce gracieux Welcome annonce la couleur de cette terre d'accueil bien connue pour sa "neutralité"... ... Mais miraculeusement, le village du Paléo Festival est, pour sa part, quasiment complètement délivré de la menace qui pèse partout ailleurs : pas de panneaux "Interdit de" et "Autorisé de " tous les 5 mètres, pas de Cops à tous les coins... et surtout, très curieusement, ça ne pue pas le fric au camping du Paléo. Les festivaliers, de toute évidence, n'ont pas pris la Porsche pour se déplacer, et bien que je disais très naïvement à Fred quelques minutes plus tôt : "je pense que le camping sera très clean... on est en Suisse !", ce sont bel et bien les héritiers de Woodstock qui sont devenus, pour deux jours, nos voisins de tente.
Partout des gens couchés sur des paillasses, entre campements de fortune et gigantesques poubelles de tri (tu vois Chéri !!!), qui consomment pas mal (...), dans une ambiance délétère à la fois totalement anesthésiés et insupportablement braillards.
Très rapidement, nous comprenons que le cri de ralliement est "Bombolé", et qu'il n'y a pas d'heure pour le pousser...

On plante la tente sur Shangaï Road, ou je ne sais quoi, et on s'enfuit au plus vite vers la civilisation. Nyon, son port, son lac, ses gens habillés normalement (dans ma petite robe d'été, au camping, je me sens reluquée
comme une haute bourgeoise parisienne !).
Et cela a été le deal jusqu'au lendemain 18 heures : fuir la horde de d'jeunes, ses douches, ses WC et son "Bambolé" à chaque fois que cela est possible !

Alors justement, le lendemain, 18 heures.
De retour d'une délicieuse journée entre Lausanne et le lac Léman, nous nous retrouvons coincés dans la dense circulation qui accompagne l'arrivée des festivaliers chaque soir. Bouchon, attente... Karin passe à 19 heures, nous savons que nous ne pouvons pas être en retard. Je me maquille dans la voiture, je sens que mon coeur commence à palpiter très fort.
Arrivés assez juste, je croise les doigts pour que Fred ne se fasse pas fouiller et que ne soit pas découvert son nouvel appareil photos numérique, caché au fond du sac à dos, sous quelques pulls négligement jetés... ... Rien. Personne ne fouille rien !

On court vers le "Club Tent"... 3 personnes, à tout casser, attendent.
Quoi ??? Karin Clercq chante ici dans moins de 10 minutes, et personne n'est là ??? Décidément, je suis outrée. Mais qu'est-ce que c'est que ce pays ?
Il semblerait que notre Dream Team subisse de plein fouet la concurrence de Jean-Louis Aubert et, plus tard, de Vincent Delerm (il faut - normalement - venir très tôt pour s'assurer d'une bonne place devant la scène). Mais je vous rassure : les gens sont venus... mais pas les 2000 personnes que je voulais pour eux.
Fred est tout heureux : il a aperçu Zézé Mago ! Quoi, Zézé Mago ??? Mais il n'était pas prévu sur le Paléo !!! JUST GREAT !!!... Un porte-voix, passez-moi un porte-voix, il faut faire une annonce !!!
Il n'en est plus question, car ils arrivent tous. Ils s'installent, ils ont une petite mine.
Karin fait son entrée, toujours dans sa robe façon Cynthia Hawkins. Je ne prends pas de photos aujourd'hui, Fred se charge de tout. Alors je m'abandonne.
Le concert me plaît terriblement. Cette proximité. Cette ambiance si familière. Ce retour de vague, quand "ça y est", c'est ici et maintenant, je me "grise". ...
Justement, Grise, jouée d'une nouvelle façon, j'accroche bien plus au morceau. Il est très beau, mais là tous lui donnent une deuxième existence.
Kassandre, immortelle Kassandre, est une nouvelle fois fabuleuse. J'écoute son histoire, je connais la fin, mais qu'elle me redise, encore et encore, qu'elle est le dernier exemplaire ... J'aime tellement sa façon de le croire.
Puis 7ème rue, avec Zézé. L'émotion est immense, Zézé chante comme ça, bouge comme ça... et me bouleverse ! La voix de Karin, qui remonte un peu les notes, c'est fabuleux. Ensemble, c'est fabuleux.
Je ne suis pas la seule à le ressentir comme ça. Soudainement, Fred se retourne vers moi et me donne un baiser fougueux. Mais qu'est-ce qu'on est en train de vivre là ? L'espace-temps s'est-il replié sur lui-même ? Sommes-nous en train de rassembler le passé et de nous éblouir à l'idée de ce qui nous attend ? Ces deux personnes, cette chanson, ce lieu... soudainement, 1 an de notre vie vient nous saisir. Tout ce qui s'est passé depuis que je connais Karin Clercq.
Tout ce temps où il m'a fallu recommencer.
...
Comme je le savais par Adeline, Zézé reste pour "Fêlure", il joue de l'harmonica. Quelle belle présence. Bien sûr qu'il fallait venir si loin. Bien sûr qu'il faut les revoir. Même 10 fois.
Dangereuse, chanson dont je suis follement convaincue (et accessoirement portrait d'une de mes collègues de travail...), Cavale, le final est déchaîné, et je pense à ma coloc qui se fait un point d'honneur à danser sans se soucier des autres lors des concerts. Je danse et je vibre car this is the end.
Point tout à fait. Guillaume et Karin nous donnent un beau rappel sur "Je t'ai dans la peau".
Puis "manqué", où Karin se frappe les fesses avec son tambourin. C'est hyper grivois, mais quand je l'ai vu faire ça, je me suis dit : "mais oui, c'est ça ! C'est exactement ça !". Regardez la comédienne, qui sait et qui voit exactement ce qui se passe chez son personnage.
Soupir.
This is the Girl.

Avant d'aller voir ce "faux-cul" de Bénabar, on est passés saluer la troupe.
Tous, sans exception, m'on dit : "Si tu avais vu les Vieilles Charrues ! Si tu avais vu Spa !".
Sachez que ces deux concerts ont été leur feu d'artifice, que vous les avez portés d'une façon incroyable, que c'est un souvenir impérissable.
Et bien non. Moi j'ai vu Lignières, j'ai vu Nyon. Auparavant, j'ai vu Palaiseau.
Tous ces "passages" pour eux, j'étais là. Et c'est aussi ma petite fierté. De toute façon, je ne manquerai pas leur probable Zénith, un jour. Même perdue parmi la foule, je serai encore là.

Je parle un peu avec Zézé Mago. Je lui dis qu'il y a une page sur lui sur ce site. Je lui dis l'émotion viscérale de Dayot Lapin à évoquer sa musique. Soudain passe un nuage sur son regard. Il voit bien qui c'est ce lapin, il se rappelle très bien leur conversation. Et moi qui connaît un embryon d'histoire raconté dans "Karin Clercq & moi", je comprends que "Zézé & Lui", c'est aussi quelque chose de pas mal...

C'est l'heure de partir. Heureusement que Fred est là, c'est un peu mon "Lapin Blanc", il regarde la montre. Moi je ne sais plus où j'habite quand je suis avec Elle. Ce soir elle m'a dit :
"Mais Barbra tu as pris de la drogue !"
"En quelque sorte" lui ai-je répondu...
Tour de passe-passe pour ne pas avouer "je suis si heureuse de te revoir, c'est un peu "la dernière fois"..."
(Pourtant on m'en a proposé au camping (!), mais non, vraiment, ce soir c'est purement émotionnel !...).

Pour la dixième fois, je repars dans l'autre sens.
Certains ont eu des dédicaces, moi j'ai pour toujours ses empreintes de doigts sur un CD 4 titres.