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Sans vergogne,
Nyon a été la dernière date de la "tournée
d'été" - ma dernière date par
conséquent, ainsi que mon dixième concert
de Karin... ce dernier opus suisse s'est placé sous
le signe du "ce n'est qu'un au revoir",
ou "Auld Lang Syne" comme dirait WonderBarbra
(!).
Mais enfin Fred et moi ne sortons pas encore les mouchoirs
dans la voiture, la veille du concert, alors que nous nous
lancons courageusement (surtout lui...) dans un Paris-Nyon
sur les joyeuses autoroutes estivales. Je souhaiterais rendre
ici un tribute aux petites salades dans des bols
fermés, avec sauce et croutons à part, qui
ont accompagné nos lunch time durant tous
ces longs trajets on the road depuis le week-end
à Liège... Rien à faire, mon souvenir
de Karin est désormais indissociable - en partie
- des tortis au poulet sauce citronnée...
Arrivés à la Douane, on se fait lamentablement
taxer
nos dernières
liquidités (30 euros, enfin 29,67 €
en tapant vraiment dans les petites pièces),
afin de payer le droit de circuler sur le réseau
d'autoroutes suisses ! Je me demande dans quelle mesure
ce gracieux Welcome annonce la couleur de cette terre
d'accueil bien connue pour sa "neutralité"...
... Mais miraculeusement, le village du Paléo Festival
est, pour sa part, quasiment complètement délivré
de la menace qui pèse partout ailleurs : pas de panneaux
"Interdit de" et "Autorisé de "
tous les 5 mètres, pas de Cops à tous
les coins... et surtout, très curieusement, ça
ne pue pas le fric au camping du Paléo. Les festivaliers,
de toute évidence, n'ont pas pris la Porsche pour
se déplacer, et bien que je disais très naïvement
à Fred quelques minutes plus tôt : "je
pense que le camping sera très clean... on
est en Suisse !", ce sont bel et bien les héritiers
de Woodstock qui sont devenus, pour deux jours, nos voisins
de tente.
Partout des gens couchés sur des paillasses, entre
campements de fortune et gigantesques poubelles de tri (tu
vois Chéri !!!), qui consomment pas mal (...), dans
une ambiance délétère à la fois
totalement anesthésiés et insupportablement
braillards.
Très rapidement, nous comprenons que le cri de ralliement
est "Bombolé", et qu'il n'y a pas d'heure
pour le pousser...
On plante la tente sur Shangaï Road, ou je ne
sais quoi, et on s'enfuit au plus vite vers la civilisation.
Nyon, son port, son lac, ses gens habillés normalement
(dans ma petite robe d'été, au camping, je
me sens reluquée comme une
haute bourgeoise parisienne !).
Et cela a été le deal jusqu'au lendemain
18 heures : fuir la horde de d'jeunes, ses douches, ses
WC et son "Bambolé" à chaque fois
que cela est possible !
Alors justement, le lendemain, 18 heures.
De retour d'une délicieuse journée entre Lausanne
et le lac Léman, nous nous retrouvons coincés
dans la dense circulation qui accompagne l'arrivée
des festivaliers chaque soir. Bouchon, attente... Karin
passe à 19 heures, nous savons que nous ne pouvons
pas être en retard. Je me maquille dans la voiture,
je sens que mon coeur commence à palpiter très
fort.
Arrivés assez juste, je croise les doigts pour que
Fred ne se fasse pas fouiller et que ne soit pas découvert
son nouvel appareil photos numérique, caché
au fond du sac à dos, sous quelques pulls négligement
jetés... ... Rien. Personne ne fouille rien !
On court vers le "Club Tent"... 3 personnes, à
tout casser, attendent.
Quoi ??? Karin Clercq chante ici dans moins de 10 minutes,
et personne n'est là ??? Décidément,
je suis outrée. Mais qu'est-ce que c'est que ce pays
?
Il
semblerait que notre Dream Team subisse de plein
fouet la concurrence de Jean-Louis Aubert et, plus tard,
de Vincent Delerm (il faut - normalement - venir très
tôt pour s'assurer d'une bonne place devant la scène).
Mais je vous rassure : les gens sont venus... mais pas les
2000 personnes que je voulais pour eux.
Fred est tout heureux : il a aperçu Zézé
Mago ! Quoi, Zézé Mago ??? Mais il n'était
pas prévu sur le Paléo !!! JUST GREAT !!!...
Un porte-voix, passez-moi un porte-voix, il faut faire une
annonce !!!
Il n'en est plus question, car ils arrivent tous. Ils s'installent,
ils ont une petite mine.
Karin fait son entrée, toujours dans sa robe façon
Cynthia Hawkins. Je ne prends pas de photos aujourd'hui,
Fred se charge de tout. Alors je m'abandonne.
Le concert me plaît terriblement. Cette proximité.
Cette ambiance si familière. Ce retour de vague,
quand "ça y est", c'est ici et maintenant,
je me "grise". ...
Justement, Grise, jouée d'une nouvelle façon,
j'accroche bien plus au morceau. Il est très beau,
mais là tous lui donnent une deuxième existence.
Kassandre, immortelle Kassandre, est une nouvelle
fois fabuleuse. J'écoute son histoire, je connais
la fin, mais qu'elle me redise, encore et encore, qu'elle
est le dernier exemplaire ... J'aime tellement sa
façon de le croire.
Puis 7ème rue, avec Zézé. L'émotion
est immense, Zézé chante comme ça,
bouge comme ça... et me bouleverse ! La voix de Karin,
qui remonte un peu les notes, c'est fabuleux. Ensemble,
c'est fabuleux.
Je ne suis pas la seule à le ressentir comme ça.
Soudainement, Fred se retourne vers moi et me donne un baiser
fougueux. Mais qu'est-ce qu'on est en train de vivre là
? L'espace-temps s'est-il replié sur lui-même
? Sommes-nous en train de rassembler le passé et
de nous éblouir à l'idée de ce qui
nous attend ? Ces deux personnes, cette chanson, ce lieu...
soudainement, 1 an de notre vie vient nous saisir. Tout
ce qui s'est passé depuis que je connais Karin Clercq.
Tout ce temps où il m'a fallu recommencer.
...
Comme je le savais par Adeline, Zézé reste
pour "Fêlure", il joue de l'harmonica. Quelle
belle présence. Bien sûr qu'il fallait venir
si loin. Bien sûr qu'il faut les revoir. Même
10 fois.
Dangereuse, chanson dont je suis follement convaincue
(et accessoirement portrait d'une de mes collègues
de travail...), Cavale, le final est déchaîné,
et je pense à ma coloc qui se fait un point d'honneur
à danser sans se soucier des autres lors des concerts.
Je danse et je vibre car this is the end.
Point tout à fait. Guillaume et Karin nous donnent
un beau rappel sur "Je t'ai dans la peau".
Puis "manqué", où Karin se frappe
les fesses avec son tambourin. C'est hyper grivois, mais
quand je l'ai vu faire ça, je me suis dit : "mais
oui, c'est ça ! C'est exactement ça !".
Regardez la comédienne, qui sait et qui voit exactement
ce qui se passe chez son personnage.
Soupir.
This is the Girl.
Avant d'aller voir ce "faux-cul" de Bénabar,
on est passés saluer la troupe.
Tous, sans exception, m'on dit : "Si tu avais vu les
Vieilles Charrues ! Si tu avais vu Spa !".
Sachez que ces deux concerts ont été leur
feu d'artifice, que vous les avez portés d'une façon
incroyable, que c'est un souvenir impérissable.
Et bien non. Moi j'ai vu Lignières, j'ai vu Nyon.
Auparavant, j'ai vu Palaiseau.
Tous ces "passages" pour eux, j'étais là.
Et c'est aussi ma petite fierté. De toute façon,
je ne manquerai pas leur probable Zénith, un jour.
Même perdue parmi la foule, je serai encore là.
Je parle un peu avec Zézé Mago. Je lui dis
qu'il y a une page sur lui sur ce site. Je lui dis l'émotion
viscérale de Dayot Lapin à évoquer
sa musique. Soudain passe un nuage sur son regard. Il voit
bien qui c'est ce lapin, il se rappelle très bien
leur conversation. Et moi qui connaît un embryon d'histoire
raconté dans "Karin Clercq & moi",
je comprends que "Zézé & Lui",
c'est aussi quelque chose de pas mal...
C'est l'heure de partir. Heureusement que Fred est là,
c'est un peu mon "Lapin Blanc", il regarde la
montre. Moi je ne sais plus où j'habite quand je
suis avec Elle. Ce soir elle m'a dit :
"Mais Barbra tu as pris de la drogue !"
"En quelque sorte" lui ai-je répondu...
Tour de passe-passe pour ne pas avouer "je suis si
heureuse de te revoir, c'est un peu "la dernière
fois"..."
(Pourtant on m'en a proposé au camping (!), mais
non, vraiment, ce soir c'est purement émotionnel
!...).
Pour la dixième fois, je repars dans l'autre sens.
Certains ont eu des dédicaces, moi j'ai pour toujours
ses empreintes de doigts sur un CD 4 titres.
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