|
|
|
|
|
|
| Le
Berry est une région tout à fait charmante,
Lignières un village tout à fait adorable.
Mais son petit plus, c'est sans conteste ce plateau d'argent
tendu à la chanson française, comme si l'endroit
en cristallisait toute la poésie et la mémoire...
A l'image de la place Anne Sylvestre, face au théâtre,
sur laquelle j'ai demandé à Fred de poser...
à 2 heures du matin. |

|
|
>>
Ma photo préférée
|
|
|
La récolte
de photos du concert de Lignières est si mauvaise,
que j'aime autant vous présenter ici un travail très
original : Cathy Beauvallet est illustratrice. Elle a crayonné
tous les artistes du festival L'Air du Temps pendant
leur live... J'aime la façon dont elle a choisi
de représenter Karin, avec une bonne assise, les
jambes bien ancrées au sol : le concert est rude,
mais elle nous montre par son aplomb qu'elle est là
et bien là !
Cathy Beauvallet est établie à Villebarou
(41) - pour la contacter :
cathy.beauvallet@wanadoo.fr
|
|
Le concert de
Lignières a été d'office placé
sous le signe du rêve.
J'allais à la poste... et en lieu et place des habituelles
boîtes "Paris" et "Province", il
y en avait une troisième : "Karin Clercq".
A mon réveil, mon homme, déjà devant
son ordinateur, me dit : "il y a une nouvelle date pour
Karin... Lignières, dans le Berry !".
Ce petit week-end pour nous, total in love, s'inscrit
dans un week-end long de quatre jours.
C'est donc absolument reposés, frais et dispos que
nous abordons les quelques heures de route à faire
sous un soleil de plomb.
Sans être angoissée par ces retrouvailles avec
KC et le Groupe, ce sont les premières depuis la publication
du site, et je sens qu'il traîne encore quelques malentendus
sur sa mission qu'il faudrait que j'ai le courage de formuler
devant Elle... Cela créé une relative impatience
qui me fait me trémousser sur le siège de la
voiture... que c'est long, mon Dieu, que c'est long !
Arrivés à Lignières - après l'étape
Châteauroux pour prendre possession de notre chambre
d'hôtel - nous tournons un peu en rond dans le village
et autour de la place "Anne Sylvestre"... L'enseigne
du théâtre est si discrète qu'il nous
faudra un certain temps pour la repérer. En revanche,
ce que je vois partout et qui me fait chaud au coeur, ce sont
les gigantesques affiches de "Karin Clercq en concert"
qui jalonnent tout le village. Règne une ambiance de
fête, on sent que toutes les têtes d'affiches
qui sont passées depuis mercredi, jour d'ouverture
de ce festival dédié à la chanson, ont
laissé une empreinte joyeuse et festive.
Vers 20 heures, nous nous dirigeons vers l'entrée très
confidentielle du théâtre.
Il y a une file d'attente qui s'allonge de minute en minute
dans l'étroite ruelle. Fred et moi regardons ceux qui
nous entourent et restons un peu stupéfaits... la moyenne
d'âge est assez élevée... Les commentaires
sont de l'ordre du "c'est bien gentil les concerts, mais
ça nous fait quand même rater l'heure du dîner
!"... ... On s'interroge d'ores et déjà
sur l'accueil qu'ils vont faire au rock à la fois sensuel
et cérébral de la Femme X...
Comme le remarque Fred, tout le monde fait la bise au Monsieur
qui est à l'entrée - tout le monde se connaît
! - pas moi, je me contente de donner mon nom à la
dame assise à la billeterie improvisée, qui
me répond : "il faudra rester debout, on a été
prévenus trop tard !".
Oui, ce jour-là, j'étais VIP, invitée
quoi (...).
C'était trop de bonheur jusqu'à ce qu'une autre
dame, avec l'autorité d'une maîtresse d'école,
nous somme de nous pousser vers le fond de la salle. Debout,
certes, et c'est très bien comme ça !, mais
loin au fond... et sans espoir de retour.
C'est donc de loin (bon ça va, dans une salle de 300
personnes, avec balcon, c'est un "loin" encore gérable
!!!), que je vois mes musiciens préférés
entrer un par un, Jules, Fred, Guillaume, Eva... L'intro de
Femme X démarre et c'est une Karin déjà
décoiffée qui paraît à son tour.
Dans la fameuse petite robe noire que je n'avais encore jamais
vue, pieds nus - cela semble désormais définitif
! - elle incarne plusieurs des femmes de l'album qui me sont
si familières à présent... Les applaudissements
sont polis. Le public attend qu'on vienne le cueillir, c'est
un challenge très difficile... Guillaume se
demande s'ils dorment... Karin répond, "mais non
ils ont chaud !", en s'épongeant, comme le ferait
une championne à Roland-Garros...
Quelque fois sa voix retombe, ne soutient pas toutes les paroles
comme il le faudrait, mais Karin, classe - comme cela se dit
dans son entourage, lutte pour offrir un très bon show
malgré les conditions difficiles. J'imagine bien certaines
Divas refuser de chanter (à Lignières, oui evidemment
!... mais ce n'est pas ça que je voulais dire !!!)
par une température pareille dans un théâtre
mal équipé...
Fred et moi essayons de créer de l'ambiance, on crie,
on dit bravo, on applaudit de toutes nos forces... ça
décolle mollement.
Je crains que le rappel ne soit sucré... Je n'ai pris
encore aucune photo, de peur que l'institutrice revienne et
me jette pour de bon cette fois !!!
Je réentends "Dangereuse", que je ne connais
que par le concert de Liège, et je me dis que cette
chanson fonctionne décidément incroyablement
bien... Elle a d'ailleurs suscité un certain mouvement
dans les rangs..."Kassandre" et "Cavale"
ont été retiré de ce set light,
à conserver tel quel si jamais un jour le Groupe devait
jouer chez Michel Drucker... ...
Sauf ! et ça ce fut LE point fort du concert [ heureusements
qu'un allemand n'était pas dans la salle, vu comme
un simple "top rouge" peut les faire fantasmer -
cf la presse que Karin a eu outre-Rhin ] : "Manqué",
chantée dans des conditions de moiteur extrême
et terriblement bien roucoulée par Karin, qui a même
réussi à me faire passer quelques frissons...
Elle sort de scène en faisant des bonds. C'est fini.
On a le droit de sortir de l'étuve.
A l'extérieur, les commentaires sont dubitatifs. Les
hommes regardent l'affiche et essayent de faire le rapprochement
avec la femme qu'ils viennent de voir ( ! ), une dame s'offusque
de toutes les clopes fumées par Guillaume... globalement
Karin a interloqué. Dommage, ils auraient bien fait
une petite sieste avant Blankass, les enfants du pays ! Mais
là, ça n'a pas été possible :
elle est venue les chatouiller, et ils ne peuvent pas dire
que ça leur a déplu...
Moi je boue à l'intérieur, je suis dans une
drôle de torpeur, tant piquée de curiosité
(mais où est-elle ?) que sonnée (mais où
suis-je ?)... Je promène des yeux hagards sur tout
ce petit monde... Faut-il vraiment re-rentrer dans la salle
? Bin oui, c'est Blankass ! (soupirs).
Je prends le temps d'échanger un mot avec une illustratrice
qui a crayonné tous les artistes du festival - elle
a fait un dessin de Karin dans une posture très volontaire
- , je me reproche également d'être aussi nulle
en comm' ce soir, et je me terre dans un coin du théâtre
pendant que Blankass ratisse bien large.
Au rappel, je n'en peux plus je sors de la salle.
Il fait si bon dehors, je me reproche de ne pas l'avoir fait
plus tôt. (grrr !).
Je vais voir les personnes à l'entrée, je leur
demande si Karin Clercq est encore là... "c'est
pour signer l'affiche ? - euh, non...".
Et puis elle arrive.
Et puis on passe un petit moment ensemble.
Les choses à dire ont été dites, je crois.
Le comportement à avoir a bien été celui
que j'ai eu, je crois. C'est incroyable car quand je la regarde,
je vois une femme qui doute. Celle qui a eu 30 ans-un enfant-un
album-et tout ça en quelques heures- comme elle le
dit elle-même, est une femme qui doute encore de l'orientation
que pourrait prendre sa carrière, du jonglage incessant
entre deux noms et deux métiers, une artiste qui doute
de sa capacité à donner au public et à
le cueillir, comme celui de Lignières attendait qu'elle
le fasse, ce soir...
Je suis émue, je la trouve si touchante.
Tout ce que je pourrais répondre deviendrait un compliment...
que puis-je lui dire, alors ?
Je regarde les fines et minuscules ridules autour de ses yeux
(elle va m'en vouloir à mort d'écrire ça)
qui rendent son regard si hypnotique.
Ne pas la connaître trop.
Rester... dans le public.
De retour à l'hôtel, je suis déjà
dans un demi-songe.
Et quand je pose la tête sur l'oreiller... je me vois
à New York.
Partout, même dans le tube, les affiches de Femme
X... le film ( ! ). Ce film passe en boucle dans une salle
de la ville. Les gens ne savent pas qui est Karin Clercq,
mais la rumeur veut la découvrir. A l'écran,
un portrait de femme, filmé caméra à
l'épaule. Une Lulu contemporaine, le miroir
de mille fascinations. Je vais voir et revoir le film...
Ne pas rallumer la lumière.
Rester... de l'autre côté de mon rêve.
...
|
|