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Vendredi 15 octobre 2004 - Le Palace

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Musée Horta - Bruxelles
"Charmante maison célibataire... cherche locataire de caractère"... (Musée Horta, rue Américaine à Bruxelles).



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RDV dans la galerie !
Fin de concert. Karin est toute décoiffée, Guigui joue de la trompette... Et nous, nous sommes "après l'amour"...

Belle journée qui s'annonce, celle où je fais la tournée des docteurs...
11 heures, le généraliste. Depuis une semaine je fais mes dix heures par jour avec une angine carabinée. La veille au soir, je me suis retrouvée pratiquement aphone alors que je me rendais au vernissage d'une expo sur les robes de Sylvie Vartan. Et pourtant, entre les lamés à paillettes et les tuniques de squaw à perles et à franges, il y avait de quoi s'exclamer très haut !
13 heures, l'orthodontiste. Vous savez, je vous en ai vaguement parlé en janvier… Darla, la méchante petite fille qui fait peur aux poissons… enfin, bref !
My Honey Fred et moi finissons par quitter Paris dans l'après-midi... comme deux petits vieux s'offrant, en lieu et place d'un week-end romantique, une promenade de santé, le pochon de médicaments et la boîte de mouchoirs toujours à portée de main. Nous dialoguons peu mais nous toussons beaucoup. Au comble de l'ambiance, je finis même par m'endormir dans la voiture pour n'ouvrir l'oeil qu'au moment de passer la frontière belge. Tiens, comme elles sont familières ces routes… ces panneaux, ces maisons. Je vous épargne les pérégrinations du couple de parisiens qui n'a pas réservé d'hôtel (ni loué ses places de concert...). A 20 heures, nous parvenons quand même à nous attabler devant la scène du "Palace", à La Louvière. L'atmosphère
du lieu oscille entre cabaret intimiste pour Liza Minelli et Zénith complet pour Garou… un pur morceau de Belgique !!! Nous avons été accueilli par le large sourire d'Adeline et c'est toujours chouette de croiser et recroiser les "compagnons de route", ceux qui partagent nos rêves. Et le temps passe alors tout cela n'est en rien anodin. Mais je ne réalise pas bien, en fait, comment je suis arrivée là. C'est une date que je n'ai pas attendu. Sans Fred, je ne serai pas là ce soir. Depuis quelques temps, je mène une vie imbécile je le sais, je me vois faire, mais je ne lutte pas. Toute mon énergie et mon courage passent dans mon job : j'ai cédé au célébrissime Métro-Boulot-Dodo ! Je suis un automate sans grande aura féminine (... pas le genre Sean Young dans Blade Runner, si vous voulez...).. Et comme ce soir je suis sous antibiotique, je ne peux même pas me remonter avec une petite chopine !
Quand Karin entre sur scène, je la trouve plus belle que jamais. Ses cheveux sont attachés mais je devine qu'ils sont plus longs (de 7 mois plus longs !), différents. Quand elle les détachera, je verrai le dégradé qui semble les rendre plus épais. Et ils sont bien plus longs. Et elle est très belle, et je me fiche bien que ça lui déplaise de le savoir.
Femme X est encore la première de toutes les femmes… et de tous les hommes car Karin chante à présent beaucoup sur les hommes, et pour les hommes. Quelques mois après l'avant-première bretonne, sorte de numéro 0 du show, l'avant-première belge, primeur de la nouvelle formation acoustique à 3. Avec un nouveau guitariste : Luc Page, un breton (… sans vouloir polémiquer, ça se voit un petit peu…). Les Mauviel Bros me manqueront, que de souvenirs… leur humour, leur bonne humeur, leurs blagues impossibles. Mais la vie est faite de toutes sortes de rendez-vous, alors...
Karin présente plusieurs morceaux de l'album inédit, "Après l'amour" (...). Ces chansons sont pour moi totalement intégrées, même si je me laisse surprendre par " La Sincère ", qui est jouée sur un tempo plus emballé que celui que je connaissais. " A fleur de peau " m'étonne aussi. Karin a voulu lui donner une introduction très personnelle qui l'a submergée d'émotion, et du coup, cela m'a glissé une clé pour mieux la comprendre. Elle a été exceptionnelle sur plusieurs interprétations, mais encore une fois, c'est " Kassandre " qui a été un moment unique, un sommet ! La sensation d'assister à un happening un peu punk, une chanson-fleuve déclamée, saturée, avec toutes ces lumières rouges… Toujours les lumières rouges, les mêmes qu'au premier Bataclan… Me prend une envie très forte de jeter chaises et tables parterre et de me libérer, enfin !, de tout ce qui m'oppresse depuis quelques temps… Mais il ne se passe rien, parce que ce n'est pas ici qu'il faut agir. Ici, je reste à ma place. Et peut-être qu'Elle perçoit que je suis un peu triste. C'est vrai que je suis un peu triste de me renier comme je le fais, de me soumettre ainsi aux obligations... et de venir à un concert de Karin Clercq comme si c'était un soir habituel. "Dangereuse" me plaît terriblement, j'ai l'impression d'entendre Karin aligner tubes sur tubes. Dans ma torpeur, je reçois ce spectacle comme étant des retrouvailles au plus haut niveau, ai-je hiberné ou quoi ? Pour moi tout est bon, tout est fort, tout existe. Combien d'années de carrière ? Combien d'albums ??? Pourquoi en sommes-nous toujours là, à poursuivre Karin & Cie pour espérer profiter de leur travail ? Va-t-il falloir maintenant aller jusqu'au Canada ?? Attention, Bab la Fanatique va vous dire ce qu'elle pense de tout ça : je n'écoute plus Femme X. Je ne peux plus, il m'est directement i-podé dans la moëlle épinière, je sais exactement ce qu'il y a sur ce disque.
J'aime la façon dont Karin dit oui au hommes, dit non aux hommes, devient petite, est la plus grande, comme elle s'abandonne ou tire les ficelles. J'aime sa spontanéité, l'émotion palpable, sa force de jeu quand elle laisse éclater son rire et s'amuse de nous emmener là où elle le décide. Je ne veux plus rien d'autre. Madonna, ce sont des souvenirs d'enfance, Véro - c'est acquis, est impossible à oublier même quand on n'aime pas son dernier album, Streisand c'est un anti-douleurs. Le rose sirop de ma précédente vie de femme mariée et solitaire. Sur l'air de "Ne pas", j'ai pu rompre avec mon dernier amant mortifère ; depuis j'ai 28 ans et rien que sur la base de mon boulot Enorme je peux affirmer à quel point je suis accompagnée par cette artiste. Comme elle me vivifie, comme elle me renforce.... et comme elle me fait rêver !!! Où sont passés mes rêves ? Mais ils sont chez elle ! Alors la Fanatique emm... ceux qui jugent et intellectualisent chaque mouvement de main ou chaque façon de finir une phrase et j'attends que ce groupe, qui est prêt, existe enfin (à nouveau) médiatiquement.
Pour en revenir au concert (...), j'ai aimé le travail de mise en scène, l'occupation de l'espace. Guillaume nous a offert un peu de trompette et nous a touchés droit au coeur : on avait beau jeu de le chambrer par la suite, il nous avait surtout tous super ému ! Et surprise, il y avait un inédit : "Jusqu'à demain", qui colle à 100% à la liste
énoncée plus haut de tout ce que j'aime chez Karin. Banco, c'est exactement ça.

Dernier verre après le concert. Guillaume est tout content de ce bar dans lequel nous allons en face de la salle : les néons roses et bleus, le côté populaire du lieu l'emballent. Je suis comme lui. Karin me présente la jeune femme brune à côté d'elle, elle l'attrape par les épaules et s'enthousiasme "c'est toute l'adolescence !". Et là mon cerveau s'est arrêté une seconde. J'ai revu cette carte que j'avais voulu lui écrire un jour, sur internet. Il y avait une blonde et une brune rapprochées comme maintenant, là en face de moi. Le design était joli quoiqu'un peu sorti d'une publicité "Bourjois". Et je me rappelle que le côté "amitié" affiché par l'e-card avait fini par me gêner, je ne lui avais pas envoyé. Je comprends à présent que c'était elle, la brune. Ce n'est pas moi, la brune. Alors la fan idiote pose un doigt devant sa bouche et se demande "mais qui suis-je, moi, dans toute cette histoire ?". Et là je crois entrevoir là réponse. Celle induite, inconsciemment, par cette joie de me présenter "toute [son] adolescence". Je suis sa biographe. "Karin Clercq et moi" nous entrediendrons dans une quarantaine d'années,
pour un projet éditorial, de toute cette vie passée et de cette carrière incroyable dont j'aurai été l'un des témoins privilégiés. ...
En partant, le nouveau guitariste, Luc Page, a déploré que nous n'ayons pas été présentés. Je lui ai répondu que nous allions beaucoup nous revoir. Bienvenue dans ces pages, Luc...
(!)