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Samedi 12 mars 2005 - Le Casino-Théâtre

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Depuis la terrasse de l'hôtel "Le Métropole", vue imprenable sur Genève...
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Sur une fresque de plus de 100 mètres de long, j'ai fait la connaissance de Messieurs Jean Calvin, Théodore de Bèze, John Knox et Guillaume Farel, figures de la Réforme (XVIème s.). Leur devise, éternelle :
POST TENEBRAS, LUX.
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... Ce n'est pas Romy Schneider, mais c'est tout comme ! Voici Sissi, d'une noblesse majestueuse, sur les bords du Lac Léman.



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RDV dans la galerie !

Ce petit air joueur, irrésistible, les genevois ne l'ont pas vu... ils étaient trop loins ! Ils se rattraperont avec la pochette du 2nd album, "Après l'amour", où sa moue badine, cette "invitation au voyage", prend toute la place...

 

Moi, petite Heïdi des Alpes (enfin... du 7ème arrondissement de Lyon - métro Saxe-Gambetta...), je n'avais jamais traversé la frontière suisse. Il aura fallu attendre 27 ans - et Karin Clercq, pour que je passe du côté du pays du fromage fondu. C'était en juillet 2003, alors que je devenais la plus débridée des festivalières du Paléo, à Nyon (...).
Mars 2005, retour en Suisse. Karin Clercq, encore une fois, y donne un concert en première partie de Dominique A (Tout sera comme avant... cf. mon journal en décembre dernier).
Cerise sur le gâteau : ce week-end à Genève est un cadeau de mon Valentin. Cette fois, pas de routes interminables ni d'aires de pique-nique, mais le doux ronron du TGV. Cette nuit, pas de camping non classé, seulement le confort indécent d'un 5 étoiles. Et dire que les seuls cadeaux de mon ex furent 2 CD - dont 1 gravé (...) .
Samedi matin : je ne suis évidemment pas prête à l'heure imposée par Fred - ce Tyran. C'est donc en courant que nous partons vers la Gare de Lyon... Pas maquillée, je croise les doigts pour ne rencontrer personne que je connaisse (... étais-je seulement reconnaissable ?). Je ne vais pas m'étendre trop longtemps sur le doux ronron du TGV à l'arrêt, à 20 km de Paris, pendant 2 heures (3 heures de retard à l'arrivée... mais j'étais maquillée !), pour tout reprendre depuis... la salle de bain du Métropole.
Ma lectrice du lunch-time, Miss Neige, m'avait déjà bien brieffée : à peine entrée dans nos appartements, j'enfile chaussons et peignoir épais et je squatte la salle de bain - avec télévision (!). Je n'ai plus qu'une demi-heure avant l'ouverture des portes du Casino-Théâtre, et cette salle de bain... a été magique. Elle m'a offert la place, et m'a donné le temps, de tout reprendre à zéro : douche, coiffure, maquillage. Les miroirs, les lumières, le sèche-cheveux se sont occupés de moi. Et c'est habillée comme pour fêter le réveillon du Millenium, surbrushée (je ne connaissais pas cet aspect de ma nature de cheveux...), que je saute dans un tram et que j'arrive - à l'heure pour l'ouverture des portes, au Casino-Théâtre.
Sur place, tout le monde est habillé... normalement. J'essaye d'aplatir ma choucroute et de prendre l'air détaché d'une fille en jean dans ma robe à paillettes, puis Fred et moi choisissons une place raisonnable, point trop exposée, vers le sixième rang gauche. Le fan-club est là, certes, mais sans banderoles. Discrétion, discrétion (!!!). Je vais me livrer à une dernière parenthèse mais, vraiment, je n'aurais jamais pensé que la Femme genevoise soit autant doudoune et moon boots (... excusez-moi, mais nous ne sommes pas non plus à 2000 mètres !), et même si parfois la doudoune est en vison, je suis globalement assez déçue du manque d'élégance de Madame. Si vous saviez ce que l'on peut voir à Arcachon en matière de toilettes... Enfin ! Ce sont de vieux souvenirs...
La scène est prête pour Karin & ses Hommes. Le Métronome nous salue, ils vont être les premiers. Rapide présentation de la soirée - du groupe "belge" qui va suivre, puis Karin, Guillaume et Luc s'installent. La scène est large et profonde, la salle est très profonde : les rangées de fauteuils rouges semblent sans fin. Les garçons en arrière-plan, Karin est seule face à un auditoire silencieux et impossible à embrasser. Bel accueil. Le "ça va ?" qu'elle lui lance revient presque comme un écho lointain qui n'aurait rencontré âme qui vive...
Je crois que le set a commencé par "Après l'amour". La voix n'est pas assurée (... mais elle a chanté juste !, dixit La Diva herself) et le dispositif acoustique peine à dégeler l'atmosphère. Je me tasse dans mon fauteuil et je triture ma robe : les chansons sont si belles, si piquantes, j'attends qu'un suisse secourable leur tende la main... mais que fait la Croix-Rouge ? Les chansons du nouvel album sont particulièrement à l'honneur, c'est un petit miracle de les entendre hors de mon disque dur cervical, puis ce sont les bonnes vieillles "Kassandre" et "La chanson d'Anna" qui offrent de grands pics d'émotion, à me retourner l'estomac. Je connais la valeur de ce qui se déroule maintenant et ce public-là, Mon Dieu !, reste trop engoncé. Des applaudissement chaleureux surgissent tout de même, je vous rassure. Mais le show est court et, surtout... il n'y a pas de rappel. Personnellement, je ne pense même pas qu'un rappel soit prévu car ils ont eu 1 heure et il y a quand même 5 groupes programmés ce soir. Dominique A est la tête d'affiche, on ne peut pas le faire passer à 1 heure du mat'... Mais c'est vrai, c'est un peu surprenant, après un dernier "Dangereuse" endiablé, le public a dit un simple "au revoir et merci". On peut aussi considérer qu'il a déjà soif et déjà mal aux jambes... Il fait très chaud et les rangs sont serrés.
Les concerts alternent entre la scène du Théâtre et le foyer. Nous entendons Pauline Croze au loin, on ne se déplace pas. Je ne ferai pas connaissance avec la brunette ce soir, j'ai toujours préféré la blonde, toujours... Fred et moi restons là, devant la scène qui lentement se démonte. J'entends une jeune fille qui retrouve des amis, festivalière enthousiaste : "jusqu'ici, que du bon !!!". J'en entends un autre, qui déplore un rock "trop lisse et trop poli"... bin voyons, de la part de quelqu'un dont la chemise impeccablement repassée est savamment rentrée dans un jean tout aussi clean, je trouve ça un peu fort de café !! Monsieur est peut-être plus raccord avec un Evan Dando vomissant sur scène ???
Nous passons backstage, toujours aussi maladroits au moment d'aller réellement à la rencontre de nos étoiles. Je m'attends bien à ce que la troupe ne danse pas unanimement la carmagnole, mais enfin de là à voir cet abattement... Non, alors là non les artistes ! On peut donner et ne rien recevoir du public. L'échange n'est ni obligatoire, ni systématique. Une première partie est toujours un peu ingrate. Une salle comme celle-ci est toujours un peu à double-tranchant. Je refuse de voir ceux que j'ai suivis 14 fois depuis ce soir (... dois-je m'en vanter ??) - enfin, pas toi Luc, pas encore !, se flageller ainsi (Merci Monsieur A d'avoir un peu dédramatisé tout ça !) car je sais bien qu'ils sont prêts. Il y a un an, c'était Lanester... et ce grand rideau rouge tombé si lourdement. "C'est beau l'histoire d'une carrière"... un leitmotiv pour Elle comme pour moi, tout ce dernier été passé à construire le lendemain et à relire le web livre de Barbra & Co... Une histoire fabuleuse et réelle, prête à se dérouler à l'appel d'une simple adresse. La bonne clé "trapèze" dans la bonne serrure "trapèze", douce et apaisante logique de la maison à clés...
Maintenant on change de sujet, inutile de s'apesantir des heures (!), ce soir on parle "horreur économique" et Alessandro Baricco dans les coulisses... mais en filigrane de ces discussions exaltées, je ne peux oublier que, quand sur scène Karin a annoncé la sortie de son nouvel album, elle n'a pas donné de date, elle a balbutié une sorte de compte à rebours "2 semaines, 4 jours...". J'ai ajouté pour moi-même "5 heures, 12 secondes...". Ce final countdown est presque dérisoire, il y a une souffrance que le concert de ce soir a mis à jour, sans ambiguité.
Bon allez... un p'tit blanc pour la route.
Au moment de partir, Guillaume nous attrape et nous entraîne dans une espèce de cagibi, pour se livrer à des photos interdites coiffés de casques de pompier... Guillaume, dont j'embrasse une nouvelle fois la joue le plus fort que je peux. J'aimerais tellement, à chaque fois, que cela reste gravé, que ça puisse lui rappeler après qu'il est quelqu'un que j'aime d'une façon spéciale, toute l'année, et pas seulement dans les coulisses des concerts de Karin. Des fois je tombe sur une photo, ou je vois une archive - il est sur une plage avec 2 autres types bizarres (...), et j'ai du mal à me dire que je connais la même personne.
Je ne peux toujours pas aborder, comme ça [ claquement de doigts ], Guillaume Jouan.

Sur le chemin du retour, le TGV pour Paris n'a accusé aucun retard. Pas une seule minute.
Saloperie de compte à rebours, quand même.

 


NON CLIQUABLE ! DESOLEE !!!